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Les Banlieues, ces Cités d’Or pleine de talents

Très souvent décriées et pointées du doigt pour ses relations intestines avec le banditisme et la criminalité en tout genre, les banlieues françaises restent néanmoins les plus importantes pourvoyeuses de talents en tout genre. Sport, cinéma, musique, business, les talents originaires de banlieue sont partout, à tel point que certains d’entre eux, composent la sphère médiatique hexagonale.

Omar Sy, Leila Bekhti, Zinédine Zidane, Jean Dujardin, Vanessa Paradis, JR, Jean Paul Gautier, JusTice, Guillaume Canet…

OMAR SY, ou la success story d'un gars de banlieue

OMAR SY, ou la success story d’un gars de banlieue

Au vu des sucess stories de ces personnalités originaires de banlieues, qui (soyons honnêtes et n’en déplaise à Marine Le Pen) représentent la France de la meilleure manière possible, pourquoi la France ne s’inspirerait pas un peu plus de ces banlieues pleine d’idées et d’hommes et femmes passionnant ? Pourrait-on revoir le scénario proposé par nos chers politiques, de manière à enfin dédiaboliser les banlieues et leur offrir la place qui leur est due dans le panorama des réussites françaises? La France, n’est pas que terroir, vin et fromage. Ce n’est pas encore Menace II Society, Dheepan ou La Haine, contrairement à ce que pensent les medias étrangers (US surtout), dès que survient le moindre évènement sur le territoire. À croire que leurs pays sont des havres de paix absolus. La France, avant d’être un territoire géographique, est avant tout un brassage social et culturelle des plus intéressants… Un mini Star Trek, où les banlieues représentent les mégalopoles de la série culte…

Permettons-nous donc un petit inventaire de ce que les banlieues ont de meilleur…

Au niveau sportif, les plus grandes stars de nos sports individuels ou collectifs se sont fait les dents en banlieue. Au-delà de leurs talents naturels indiscutables, tous ces champions vous diront que leur grinta et leur force mentale se sont forgées/développpées en raison d’un environnement hautement compétitif (nombre de talents géographiquement plus condensés, générant beaucoup d’appelés et très peu d’élus). Ce qui les aura contraint à grandir plus rapidement. De ce fait, l’impératif de succès et la pression monstrueuse les accompagnant depuis l’enfance, auront contribué à faire en sorte que donner le meilleur d’eux-mêmes était la norme. Cela les aura encouragé à se surpasser, et à avoir une peur viscérale de l’échec. Ainsi les banlieues peuvent endosser plusieurs rôles : fabriques à champion, ou cimetières de rêves brisées.

Zinédine Zidane, un modèle de réussite pour les gamins de banlieue

Zinédine Zidane, un modèle de réussite pour les gamins de banlieue

Multifaces et protéiformes, les banlieues abritent une diversité culturelle qui l’est tout autant. Depuis plus de 60 ans, en raison d’un prix du logement plus accessible, les banlieues se sont vues devenir les terres d’immigration logiques des populations asiatiques, d’Europe de l’Est, italiennes, ibériques, maghrébines, et enfin subsahariennes. Soit un retour à l’ordre naturelle migratoire ayant toujours eu lieu dans cette partie du monde. Seules les personnes peu renseignées façon Nadine Morano vous diront que la France a toujours abritée des personnes au visage plus immaculé que la neige. Plusieurs villes (Narbonne, Montpellier) étaient sous influence musulmane pendant des siècles, ou avaient pour culte une vierge Marie à la peau plus sombre qu’une nuit sans étoile…

Cet univers pluriel et post-racial aura permis aux banlieues de se doter d’une culture qui lui est propre, en plus de la culture française de base. Ainsi il n’est pas rare de trouver des personnes d’origine maghrébine parler un lingala parfait (cf. Redouane Béhache), ou une personne subsaharienne parler un créole très juste (Chris Nsa/Dycosh). Cette mixité culturelle se transpose également dans les diverses créations voyant le jour dans ces zones urbaines : danse, musique, peinture, photographie, stylisme. Les banlieues sont des territoires avant-gardistes comme il en existe nulle part ailleurs en France. C’est vraiment “The Get Down” tous les jours, quand on y regarde bien : tu te dois de conquérir ta rue, pour ton quartier, puis ta ville, puis ton pays en intégrant tous les codes composant ton environnement…

Dicosh (Chris Nsa) Et Pitchou de Castelbajac (Reddouane Behache), exemples de la mixité culturelle des banlieues...

Dicosh (Chris Nsa) Et Pitchou de Castelbajac (Reddouane Behache), exemples de la mixité culturelle des banlieues…

Sur le plan social, les banlieues ont leurs défauts et leurs qualités. Elles ne renferment pas que des émeutiers ou des apprentis djihadistes. Loin de là. Le fait que certains maux s’y développent aisément sensibilisent un grand nombre de résidents de ces banlieues, et les contraint à trouver des parades plus efficaces que celles proposées par les politiques pour y remédier. Demandez aux imams ô combien leurs conseils et mises en garde auront été plus efficaces que les renseignements généraux et autres personnes chargées de démanteler les filières d’envoi en Syrie. Pas besoin de fiche S, juste besoin des bons mots.

Le tissu social est aussi plus important. La solidarité et l’entraide sont de rigueur. Surtout lorsque certaines communes sont peu desservies par les transports (Clichy sous bois, Aulnay sous bois). Le covoiturage s’y est développé bien avant que celà devienne tendance et soit popularisé avec blablacar.

Du fait des grandes disparités économiques pouvant y régner, les habitants de banlieue se replient sur ce qui est leur “Sécurité Sociale”, à savoir leur Famille. Les banlieues sont des zones où survivent encore des valeurs que l’on pourrait croire disparu : respect des aînés, amitié, solidarité, unité, mariage, tradition et religion. Tout ça enrobé de modernisme.

Les banlieues se transforment...

Les banlieues se transforment…

Modernisme se ressentant sur le plan économique. Les banlieusards fourmillent d’idée en tout genre pour développer leurs projets, et les transformer en commerce florissant : compagnie de transport, restauration, services à la personne, SS2I, textile, construction. Leur stygmatisation et leur situation l’obligeant, la population des banlieues est “débrouillarde” et fait preuve d’une inventivité faisant cruellement défaut en France, à l’heure actuelle. De plus en plus diplômés, leurs ressortissant n’oublient pas ce qu’ils auront appris des situations les plus complexes que leur environnement leur aura fait vivre. L’apathie n’est pas un mot qu’ils connaissent. Ils ne peuvent se le permettre, au quel cas leurs repas et le paiement de leurs loyers ne sont pas garantis. Ce qui l’est, est la suspicion qui apparaît systématiquement lorsqu’un jeune de banlieue connaît le succès, du fait de sa modeste origine géographique :

“Trop de gens, sont argent, pensent que c’est volé
Dès que le singe fait de l’argent” Oxmo Puccino. 

Les banlieues ont beaucoup à apporter à la France dans son ensemble. Bien plus que la criminalité mise en avant par les medias. Pour ce faire, il faudrait avant tout que les banlieues s’en persuadent elles-mêmes. la culture urbaine renferme des valeurs d’universalité extrêmement contagieuses. Et rien est plus efficace que des personnes convaincues qu’elles vont faire du monde un endroit meilleur…

Cités

En évitant leur condescendance et paternalisme habituels, et en agissant comme des responsables, à l’instar des parents dont le rôle est de donner espoir et confiance à leurs enfants, les politiques doivent effectuer un important travail de réhabilitation et de responsabilisation auprès des habitants de ces zones. Fini le misérabilisme et place à l’espoir. C’est tout ce qu’il faut…

Comme il est dit dans un morceau de rap, si “à la place de construire des city stades, les politiques construisaient des bibliothèques, il y aurait moins de footballeurs et plus d’astronautes en banlieue…”

Messieurs les politiques, 2017 arrive à grand pas… Vous savez ce qu’ils vous restent à faire pour rendre les banlieusards, “fiers de lettre” 😉

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